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Parent-roi à la une : réaction et explications de Madame Unetelle (blogueuse et mère de 4 filles, de 2 à 13 ans)

Voici l’article du blogue de Madame Unetelle, mère et blogueuse bien connue qu’elle signe le 10 février dernier, en réaction à la Une du Devoir.

Madame-Unetelle

Dans l’article du Devoir, je porte la couronne. Cela se voulait de l’autodérision. Pour que d’autres parents-rois se reconnaissent et prennent conscience de la longueur de leur bras. Pour que l’on puisse mettre un visage plus humain sur cette génération de parents que les médias dépeignent toujours si négativement et ouvrir le dialogue avec les enseignants.

Preuve que je ne suis pas une vraie reine, la mise en scène, avec la couronne et le père à l’écart, a été décidée par le photographe. On n’était pas d’accord, mais on n’a rien dit. De vrais valets.
Je me définis comme un parent-roi, en comparaison aux parents des générations précédentes qui n’intervenaient pas, ou presque, dans l’éducation de leurs enfants. Mais dans les faits, je suis un parent de la génération X et pour les enseignantes de mes filles, un bon parent tout simplement.
Je suis un parent-roi qui ne dérange pas trop l’école, parce que mes valeurs sont compatibles avec celles du système de l’éducation. J’ai l’éducation à cœur et, la plupart du temps, je laisse les enseignants faire leur travail. Par contre, contrairement aux parents d’il y a 25 ans, mon conjoint et moi croyons que c’est à nous de voir à l’éducation de nos enfants. Le goût de la lecture, la curiosité et la culture générale, pour nous, c’est à la maison que ça se passe.
Quand mon aînée était en première année, je me faisais une joie de participer à la vie de son école. J’accompagnais les enfants aux sorties scolaires, je suggérais des livres, des conférenciers et des activités éducatives à son enseignante.
Avec le recul, cela ne devait pas être facile pour elle de gérer mon enthousiasme. D’autant plus que je n’étais pas la seule qui «voulait trop » participer. Un parent qui suggère des trucs et qui a des idées, c’est bien. Trente, c’est lourd. Mais nous, les parents, on ne le réalise pas toujours.
Si quelque chose ne va pas avec mon enfant, je n’hésite pas à communiquer avec la direction de l’école. Par écrit. C’est mon métier d’écrire. Alors entre un courriel, l’agenda de mon enfant ou le téléphone, le choix est vite fait. En dix ans, j’ai dû écrire à l’école deux fois. Cela me semble acceptable, mais parions que ces courriels ont fait jaser dans la salle des profs.
À la maison, par contre, j’agis en souveraine un peu plus souvent. Je n’en suis pas fière, mais c’est la réalité. Par exemple, si l’enseignante écrit « jeudi, le 24 septembre », j’exige que ma fille écrive «le jeudi 24 septembre ». Elle peut m’obstiner des heures que ce n’est pas comme ça que madame machin l’écrit, je lui répète que je veux que ce soit écrit correctement, pas l’opinion de madame machin.
Reprendre l’enseignante devant nos enfants, même à la maison, c’est agir de la même manière que le parent qui dit « ton enseignante exagère, ne fais pas ce travail débile ». On se place en position de supériorité, ce qui fait perdre de la crédibilité à l’école aux yeux de notre enfant. Je sais que ce n’est pas correct, mais mon conjoint et moi sommes incapables de laisser passer une erreur, qu’elle soit en histoire, en français ou en mathématiques. Aller souligner la faute à l’enseignante? Hors de question. J’ai déjà encerclé les fautes dans les questions d’un examen de mon enfant et cela n’a rien apporté de bon, sinon nuire à ma relation avec l’enseignante. Mon objectif n’est pas d’embarrasser qui que ce soit, mais que mes filles écrivent correctement.
Il m’arrive encore de corriger quelques fautes de français devant mes enfants, mais je n’agis plus en parent-roi. Je ne vais plus jamais à l’école. Pas que je sois guérie, mais je n’ai plus le temps. Je me surprends à manquer certaines rencontres de parents et j’oublie même de signer les examens de mes filles. Avec quatre enfants, la microgestion est devenue impossible. Et vous savez? Mes enfants ne s’en portent pas plus mal!

Ma définition d’un parent-roi n’est pas celle d’un mauvais parent. Le parent-roi est interventionniste. Il intervient parfois trop, inutilement ou maladroitement. Il intervient quand il juge qu’il le faut, mais son jugement n’est pas toujours bon. Si les parents que nous sommes sont considérés comme des petits monarques par l’école, je crois que la direction devrait mettre ses culottes, donner des directives claires et imposer des sanctions aux parents qui abusent.

Je vous laisse sur la confidence d’une éducatrice, qui m’a fait sourire hier : les pires parents-rois sont souvent des parents enseignants. Eh bien.

*****

Merci à Sylvia Galipeau, journaliste et mère blogueuse de nous l’avoir fait découvrir!

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