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Sages-femmes: rien ne va plus dans les négos avec Québec (La Presse)

Le gouvernement demande aux sages-femmes de suivre plus de 40 grossesses par année alors que, ailleurs au pays, elles en suivent de 36 à 40. Photo: archives Reuters

Le gouvernement demande aux sages-femmes de suivre plus de 40 grossesses par année alors que, ailleurs au pays, elles en suivent de 36 à 40. Photo: archives Reuters

Article paru dans la Presse du 23 février, signé Sara Champagne.

Les négociations ne sont pas encore rompues, mais rien ne va plus dans les pourparlers entre le gouvernement et les sages-femmes pour renouveler une entente vieille de 10 ans. L’exaspération est telle que les quelque 160 sages-femmes du Québec entendent manifester devant les bureaux de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, demain, en début d’après-midi.

«On fait face à de l’intransigeance de la part du gouvernement», se désole Claudia Faille, présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec, affilié à la CSN. Elle explique que, après avoir obtenu la reconnaissance de leur profession, en 1999, les sages-femmes exigent aujourd’hui que cette reconnaissance ait des effets pécuniaires.

«À l’heure actuelle, nous n’obtenons que 1$ par tour de garde de huit heures, et le gouvernement nous offre de bonifier le taux à 1,27$. C’est ridicule. Nous voulons à tout le moins le même taux que les infirmières, soit une heure de salaire pour une garde de huit heures.»

Mme Faille ajoute que les sages-femmes ne reçoivent strictement rien, c’est-à-dire aucune prime, pour les horaires atypiques, qui nécessitent souvent des déplacements le soir ou la nuit. De même, rien n’est prévu pour le maintien de leur formation, bien qu’elles doivent être titulaires d’un baccalauréat d’une durée de quatre ans. En contrepartie, le gouvernement demande aux sages-femmes de suivre plus de 40 grossesses par année alors que, ailleurs au pays, elles en suivent de 36 à 40.

«Le gouvernement dit qu’il n’a pas d’argent. On peut comprendre. Mais il oublie toutes les économies réalisées grâce à nous, notamment dans le nombre de césariennes, les péridurales et l’ocytocine pour les contractions utérines.»

Au cabinet de ministre de la Santé, l’attachée de presse Ariane Lareau a déclaré que le Ministère est à l’écoute des sages-femmes: «Les discussions se poursuivent, il y a des échanges. Il faut laisser le temps aux discussions d’avoir lieu.»

Le mandat de négocier avec les sages-femmes avait été donné sous les libéraux. Il n’a pas été révisé depuis l’arrivée du Parti québécois malgré les demandes des sages-femmes. Ce durcissement de ton survient au moment où la ministre des Services sociaux, Véronique Hivon, a annoncé il y a quelques jours, au nom du ministre Réjean Hébert, l’ouverture de services de sages-femmes dans Lanaudière. Il y a actuellement 10 maisons de naissance qu Québec; le gouvernement souhaite en ouvrir 18 d’ici à 2018.

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Voici la lettre du Regroupement des sages-femmes du Québec (RSFQ) adressée à Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

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