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Pour retenir les familles à Montréal : contrôler les «irritants sociaux»… (La Presse)

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«La ville est un écosystème humain. Lorsqu’on retire un élément, un déséquilibre se crée.»

C’est de belle façon que la vice-présidente du comité exécutif, Émilie Thuillier, a amorcé la journée de réflexion sur les familles et la ville qui s’est tenue vendredi dernier à l’Université de Montréal.

D’emblée, elle a mis le doigt sur le bobo : l’exode des familles de la classe moyenne est un problème, non pas parce que la population de l’île est en décroissance (elle ne l’est pas), mais parce que disparaît ainsi un élément essentiel à la vitalité de Montréal.

Le journaliste François Cardinal demandait à ses lecteurs, samedi, s’il valait la peine d’essayer de retenir les jeunes familles sur l’île. Je vous propose cette semaine quelques solutions à méditer au moment où la Ville songe à l’élaboration d’une nouvelle politique familiale.

Aujourd’hui : les suggestions des coorganisateurs de la journée de réflexion, Jean-Philippe Meloche et Juan Torres, professeurs adjoints à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal.

– Construire beaucoup d’habitations de trois chambres et plus

Il ne s’agit pas ici d’une idée géniale, mais comme les valeurs foncières sont plus élevées près du centre-ville, les logements tendent à y être plus petits. Des contraintes de construction, notamment sur la hauteur des immeubles, ont également tendance à réduire l’offre de logements, ce qui contribue à l’augmentation des prix. Il ne faut donc pas seulement des logements plus grands dans les quartiers centraux, mais surtout plus de logements. Imposer des contraintes sur les projets immobiliers quant au nombre minimal de chambres requis peut être intéressant, mais cela ne doit pas devenir une contrainte au développement. Pour stimuler l’offre, encourager une réglementation du cadre bâti (hauteurs, emprise au sol, etc.) permettant l’intégration d’une plus grande diversité d’unités de logement serait importante. Il n’y a en fait qu’un seul moyen de rendre les logements accessibles aux familles de la classe moyenne dans les quartiers centraux : en construire beaucoup !

– Contrôler les irritants sociaux

On retrouve dans certains quartiers centraux la présence de problèmes que l’on pourrait qualifier d’irritants sociaux (délinquance, itinérance, prostitution, etc.). Ce sont des irritants qui sont très visibles pour les parents dont les enfants ont l’âge de fréquenter les parcs. Lorsque ces problèmes surviennent, les familles ayant les ressources nécessaires quittent le quartier. Les autres, dont les revenus sont plus faibles, y demeurent captives. Les familles ayant les revenus les plus élevés ont un contrôle plus important de leur environnement et peuvent alors se permettre de rester dans des quartiers centraux où ces irritants sont moins visibles (Westmount, Outremont, ou projets immobiliers de type Sanctuaire). Cela se fait toutefois à coût très élevé. Les familles de la classe moyenne qui n’ont pas accès à ces enclaves trouvent quant à elles refuge dans les banlieues de la périphérie. L’un des principaux défis pour ramener les jeunes familles en ville est donc de diminuer la présence de ces irritants sociaux, ou du moins de les rendre moins visibles. Sans recourir à une coercition abusive (car ces irritants existeront toujours), il est possible d’améliorer quelques zones de la ville où l’on souhaite particulièrement favoriser la présence des familles.

– Miser sur une véritable accessibilité aux services

L’accessibilité à une diversité de services et de commerces est souvent évoquée comme un atout des quartiers centraux. Cette accessibilité est cependant envisagée trop souvent en termes de distance uniquement. Or, au-delà de la distance, on peut se demander si les tarifs, les horaires, l’organisation du cadre bâti, etc. rendent véritablement accessibles ces commerces et services aux familles. Le cas du transport en commun est éloquent à ce sujet : le fait de vivre à proximité d’un arrêt d’autobus, voire d’une station de métro, n’enlève en rien aux parents qui se déplacent avec des jeunes enfants le défi de s’y rendre à travers des rues qui découragent la marche, d’accéder aux quais en passant par des escaliers, de rentrer (et sortir) des véhicules avec une poussette, etc.

Vous en pensez quoi?

Un article signé François Cardinal sur son blogue Quel avenir pour Montréal?

Pour plus de détails sur cette conférence Vivre en famille au coeur de la ville, visitez le site de l’INRS.

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