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Les soins de santé au Canada : qu’est-ce qui nous rend malades ?

Entre février et juin 2013, l’Association médicale canadienne (AMC) a lancé un dialogue national et demandé aux Canadiens ce qui les rend malades? Les problèmes de santé ont des causes multiples. Elle a tenu cinq assemblées de discussions publiques à travers le pays dont une à Montréal, en mai dernier. Elles avaient pour but de se pencher sur les déterminants sociaux qui affectent notre santé et celle de notre collectivité.

hopital

Depuis sept ans, les médecins canadiens réclament une transformation des soins de santé pour qu’ils soient axés sur les besoins des patients. Par des consultations en ligne et des assemblées de discussion publiques partout au pays, l’Association a demandé aux Canadiens ce qu’ils pensaient du système de santé actuel et à quoi il devrait ressembler à l’avenir.

L’un des principaux messages entendus par l’AMC est que le système de santé n’est que l’un des indicateurs prévisionnels d’une bonne santé et que d’autres facteurs comme le logement, l’éducation et l’emploi jouent un rôle similaire, voire plus important, pour les résultats sur la santé. La phase suivante du Dialogue national consistait à étudier pourquoi les Canadiens tombent malades et était axée sur des facteurs externes, appelés déterminants sociaux de la santé.

montage photo L'Actualité

montage photo Lactualite.com

Les panélistes au forum de Montréal étaient le Dr Gilles Julien (pédiatre social), Dominique Forget (chroniqueuse Santé pour L’actualité), Hélène Bohémier (office municipal de l’habitation de Montréal) et la Dre Marie-France Raynault (professeure et cheffe du département de santé publique au CHUM), et le Dr Laurent Marcoux, vice-président de l’Association médicale du Québec.

Les principaux facteurs cités par l’ensemble des Canadiens comme ayant un impact significatif sur la santé sont le revenu, le logement, la nutrition et la sécurité alimentaire, ainsi que le développement de la petite enfance.

Le rapport, intitulé «Les soins de santé au Canada : Qu’est-ce qui nous rend malades?», qui peut être consulté ici, énumère plusieurs autres déterminants sociaux de la santé, y compris la culture, l’environnement et le niveau d’éducation.

Les participants ont souligné que la société, les gouvernements et les fournisseurs de soins de santé ont tous l’obligation de s’attaquer aux problèmes tels que la pauvreté, le logement inadéquat et l’alimentation.

« Si un patient consulte un médecin parce qu’il est asthmatique, on peut lui prescrire des médicaments. Mais si ce patient retourne dans un logement où il y a de la moisissure dans les murs et où l’air est malsain, tous les médicaments du monde n’amélioreront pas son état » contextualise Dre Anna Reid, présidente de l’AMC.

Des estimations indiquent que 20 % des 200 milliards de dollars dépensés chaque année pour la santé peuvent être attribuables aux disparités socioéconomiques et que 50 % des résultats sur la santé peuvent être attribuables aux déterminants sociaux de la santé.

« Si un patient souffre de diabète, on peut lui prescrire des médicaments et son médecin ou un autre professionnel de la santé peut lui expliquer l’importance d’une alimentation saine. Mais si ce patient ne peut pas se permettre d’acheter des fruits ou des légumes frais, où s’il n’y a pas de supermarché offrant de tels aliments dans sa communauté, son diabète deviendra un problème beaucoup plus complexe.» ajoute Dre Anna Reid.

Pourquoi l’AMC et les médecins s’intéressent à ces facteurs sociaux?

La présidente de l’AMC,  la Dre Reid a souligné que les médecins voient les effets des iniquités tous les jours dans les cliniques et les services d’urgence. Elle a dit « De nombreux Canadiens sous-estiment l’ampleur de la pauvreté et combien de gens dans nos communautés ont une vie très difficile».

« Ce n’est pas tant la lutte à la pauvreté qui importe que la lutte aux iniquités sociales » (7:32 PM – 8 Mai 2013), propos recueillis du Dr Gilles Julien par l’équipe de L’Actualité.

L’importance d’un développement de la petite enfance approprié

De nombreux défenseurs et membres de l’auditoire aux assemblées de discussion ont insisté sur l’importance d’un développement de la petite enfance approprié. « Le cerveau ne peut pas attendre de financement» est l’une des façons dont un participant a soulevé la question à Hamilton.

Un panéliste à la rencontre de Montréal, a parlé de «stresseurs toxiques» causés par un environnement pauvre, la pauvreté et le manque de soutien social pouvant nuire au développement de la petite enfance. Dans des conditions extrêmes, a-t-il dit, ces facteurs de stress peuvent réduire le volume du cerveau d’un enfant de trois ans du tiers ou de la moitié.

« Nous parlons de mauvaises conditions liées au logement, à l’alimentation, à l’hygiène, à l’existence de violence et au manque de soutien pour les familles. L’accumulation de ces conditions crée des stresseurs toxiques qui, dans des conditions extrêmes, peuvent réduire le volume du cerveau d’un enfant de trois ans du tiers ou de la moitié.  » — Panéliste, assemblée de Montréal

Les parents de ces enfants savent ce qu’il faut faire pour élever leurs enfants correctement et savent quels types de programmes sont requis pour soutenir leur développement — mais que les places manquent. « Ils n’ont pas besoin que le gouvernement vienne leur dire quoi faire», a-t-il ajouté.

« Au Québec, une grande part de la responsabilité de la garde d’enfants a été assignée au gouvernement il y a dix ans, ce qui a fait que les communautés se sont désengagées. Il a dit que les communautés doivent reprendre la responsabilité du développement de la petite enfance. »— Panéliste, assemblée de Montréal

Une panéliste à St. John’s a parlé d’une initiative de son programme qui traite du développement et de la nutrition. Le programme a un jardin communautaire où les employés et les parents jardinent avec les enfants, et le personnel leur apprend à faire pousser des végétaux. Elle a dit que les enfants sèment les graines et arrosent les plantes. De plus, les parents sont encouragés à travailler sur des parcelles de terrain, faisant pousser les légumes de leur choix. «C’est tellement merveilleux d’offrir cette possibilité à un enfant», a-t-elle dit.

cma_ce_qui_nous_rend_maladessources : La Presse Canadienne, L’Actualité, et l’Association médicale canadienne.

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